L’informatique décisionnelle demeure une importante source de valeur pour toutes les entreprises, malgré la profonde crise qu’elles traversent actuellement. Si l’informatique décisionnelle ne connaît pas la crise, c’est justement parce qu’elle permet aux organisations de réduire leurs coûts et d’améliorer leurs ventes grâce à un puissant soutien sur l’analyse de leurs données. Par ailleurs, les entreprises qui entreprennent une démarche d’informatique décisionnelle bénéficieront d’un véritable avantage concurrentiel lorsque viendra le moment de relancer les machines.
Les entreprises et prestataires de services continuent donc à recruter de nombreux individus aux profils variés pour réaliser leurs projets décisionnels (experts techniques, spécialistes fonctionnels ou profils hybrides). La diversification des profils, c’est ça aussi la grande richesse du décisionnel, un atout indispensable au succès de toute démarche. En France, il n’existe qu’une toute petite poignée de formations en informatique décisionnelle, généralement dispensées par des universités ou écoles d’ingénieurs. Que doivent apporter ces formations aux participants ? Doivent-elles leur permettre d’acquérir des compétences techniques ? Doivent-elles plutôt favoriser l’acquisition de connaissances en gestion ? Doivent-elles privilégier la pratique ou la théorie ?
D’un point de vue personnel, le rôle d’une formation en informatique décisionnelle est de sensibiliser les participants sur tous ces aspects. Bien au-delà de la réflexion sur le contenu, une formation doit avant tout utiliser une ligne directrice offrant une vision globale du domaine. Cette ligne directrice permet bien entendu de faciliter la compréhension des participants mais doit surtout fournir une vision structurée et cohérente du décisionnel.
Dans un article récemment diffusé sur le réseau BeyeNETWORK - A Sample Graduate Business Intelligence Program -, Richard Herschel cite le programme du Master of
Science Business Intelligence de l’Université de Saint Joseph (Philadelphie) en exemple. Ce programme (voir le détail) introduit la notion d’informatique décisionnelle, présente les techniques de la discipline
et sensibilise les participants sur l’importance des dimensions métier et organisationnelle :
Our experience has been that initially, many students think that business intelligence is about learning new software tools. While tools are important, they do not define what BI is! Hence, our
program consciously emphasizes to students that business intelligence is foremost about understanding business.
Notre experience nous a montré qu’au départ, de nombreux étudiants pensent que l’informatique décisionnelle consiste en l’apprentissage de nouveaux logiciels. Bien
que les outils soient importants, ces derniers ne définissent pas ce qu’est l’informatique décisionnelle ! Par conséquent, notre programme attire l’attention des étudiants sur le fait que
l’informatique décisionnelle concerne en tout premier lieu la compréhension du métier.
Again, BI software is used to enable and facilitate a process – it is not the objective of business intelligence per se!
Une fois de plus, le logiciel d’informatique décisionnelle est utilisé pour faire fonctionner et faciliter un processus - il n’est pas en soi l’objectif de
l’informatique décisionnelle !
Ainsi, contrairement à ce que l’on peut entendre ou lire, l’informatique décisionnelle ne se résume pas à la construction de cubes OLAP ou à la génération de rapports. La première tâche est issue d’une étude
du métier et d’un profond travail de modélisation, et la seconde n’est que le résultat d’un ensemble, parfois extrêmement
complexe, de processus.
La véritable valeur ajoutée d’un expert du décisionnel se traduit par la capacité à comprendre un contexte, une organisation et une problématique métier, tout en étant capable de proposer des solutions à un niveau d’intervention donné.